
Fiscalité & formalités
La flat tax à 7 % pour les retraités en Grèce
Principe, conditions, durée et démarche du régime fiscal qui attire les retraités étrangers en Crète, expliqués simplement et prudemment.
C'est l'argument fiscal qui fait choisir la Grèce à de nombreux retraités : la flat tax à 7 %. Instauré en 2020, ce régime pour retraités étrangers permet, sous conditions, d'être imposé à un taux forfaitaire unique de 7 % sur ses revenus de source étrangère, pensions comprises, au lieu du barème progressif grec. Un dispositif puissant, mais encadré.
Cette page l'explique simplement : ce que c'est, qui peut en bénéficier, pour combien de temps, comment le demander et surtout ses limites. Le cadre fiscal général (résidence, convention, autres impôts) est traité dans notre pilier fiscalité en Crète.
Qu'est-ce que la flat tax à 7 % ?
Le principe est simple à énoncer. Un nouveau résident retraité qui transfère sa résidence fiscale en Grèce peut opter pour une imposition forfaitaire de 7 % sur l'ensemble de ses revenus de source étrangère : pensions, mais aussi, selon les cas, loyers, dividendes ou plus-values perçus hors de Grèce. Ce taux unique remplace le barème progressif classique.
L'objectif de l'État grec est clair : attirer les retraités étrangers et leur pouvoir d'achat, sur le modèle de dispositifs voisins comme celui du Portugal. Pour un retraité français dont la pension serait lourdement imposée ailleurs, l'attrait est évident, à condition d'entrer dans les cases.
Information générale, pas un conseil fiscal
Cette page est informative et ne constitue pas un conseil fiscal. Le régime, son taux et ses conditions sont fixés par la loi grecque et peuvent évoluer. Les informations sont données à titre indicatif (2026) et sous conditions. Avant toute décision, consultez un fiscaliste et l'administration compétente.
Qui peut en bénéficier ? Les conditions
Le régime ne s'adresse pas à tout le monde. Trois grandes conditions reviennent, à confirmer au cas par cas car elles peuvent changer :
- •Ne pas avoir été résident fiscal grec pendant un certain nombre d'années récentes (la majorité des années précédant la demande).
- •Venir d'un pays lié à la Grèce par une convention fiscale ou un accord de coopération administrative, ce qui est le cas de la France.
- •Transférer sa résidence fiscale en Grèce et percevoir une pension de retraite de source étrangère.
Ces critères déterminent l'éligibilité, et un seul point de blocage suffit à écarter du régime. C'est pourquoi il faut faire valider sa situation avant de bâtir un projet dessus, plutôt que de se fier à une lecture rapide des conditions.
Pendant combien de temps ?
Le régime à 7 % n'est pas éternel. Il s'applique pour un nombre d'années limité, défini par la loi, à compter de l'année de transfert de la résidence fiscale. C'est une fenêtre pensée pour accompagner l'installation, pas un avantage à vie.
Une fois cette période écoulée, l'imposition revient au droit commun grec, avec le barème progressif habituel. Cette durée, comme le reste, est susceptible d'évoluer : renseignez-vous sur celle en vigueur au moment de votre demande, et intégrez-la dans votre projet à long terme, car l'équation fiscale change une fois la fenêtre refermée.
Comment en faire la demande ?
La demande se dépose auprès de l'administration fiscale grecque, dans un délai précis lié à l'installation (en général au cours de l'année qui suit le transfert de résidence). Il faut un numéro fiscal grec (l'AFM) et un dossier justifiant que les conditions sont remplies.
Le point sensible, c'est le respect des délais et des pièces : une demande hors délai ou incomplète peut faire perdre le bénéfice du régime. Se faire accompagner par un fiscaliste ou un comptable grec (le logistis) est ici fortement conseillé. Les formalités générales d'installation (AFM, statut de résident) sont détaillées dans notre silo fiscalité et formalités.
Avantages, limites et points de vigilance
L'avantage est évident quand il s'applique : un taux de 7 % sur des pensions parfois lourdement imposées ailleurs, avec une simplicité de calcul appréciable. Pour certains profils, l'économie est substantielle et pèse réellement dans le choix de s'installer en Crète.
Mais il faut connaître les limites. La plus importante tient à la convention fiscale France-Grèce : certaines pensions publiques (fonction publique) peuvent rester imposables en France, hors du champ du régime grec. De plus, opter pour le régime implique en principe de déclarer dans les deux pays et de bien articuler les deux fiscalités, ce qui n'a rien d'anodin.
Autre vigilance : le régime porte sur l'ensemble des revenus étrangers, pas seulement la pension, et sa durée limitée change la donne à long terme. Le cadre général de la convention est expliqué dans notre pilier fiscalité.
Est-ce vraiment intéressant pour vous ?
C'est la seule question qui compte, et sa réponse est toujours personnelle. Elle dépend du montant et du type de vos pensions (privées ou publiques), de vos autres revenus, de votre pays d'origine et de votre situation familiale. Le même régime sera très avantageux pour l'un, marginal pour l'autre.
Il faut aussi remettre l'impôt en perspective : au-delà du taux, comptent le coût de la vie, la couverture santé et la qualité de vie visés par votre projet de vie en Crète. Une chose est sûre : avant de décider, faites réaliser une simulation chiffrée par un fiscaliste. C'est le seul moyen de savoir si le régime à 7 % est réellement gagnant dans votre cas.
Le réflexe indispensable
Ne construisez jamais un projet d'expatriation sur le seul régime à 7 % sans l'avoir fait valider par un professionnel. Conditions d'éligibilité, articulation avec la convention et durée réelle du bénéfice se vérifient au cas par cas, et le régime peut être modifié par le législateur.